Weborama #1 : égalité hommes/femmes

Le choix des mots

A de l’autoritéest autoritaire : laquelle de ces deux expressions est péjorative ? La même que celle qui est systématiquement proposée quand il s’agit des femmes politiques…

Sur le site Les nouvelles NEWS, j’ai trouvé un article édifiant (qui n’est plus disponible qu’aux abonnés, et je n’ai pas pensé à le sauvegarder, hélas) qui décrypte les termes utilisés par un institut de sondage lorsqu’il interroge les sondés sur les personnages politiques. Les termes proposés pour les hommes appartiennent à une sémantique de confiance, et ceux proposés pour les femmes à une sémantique de méfiance. Ou comment saboter dès le départ l’image des femmes de pouvoir…

De la disparition des noms de famille

Najat, Germaine, Geneviève… Pas de nom de famille ? Vallaud-Belkacem, Tillion, De Gaulle-Anthonioz, ce n’est pas pour elles ? Plusieurs articles (ici et ) ont pointé du doigt ces derniers jours la tendance lourde des média à désigner les femmes par leur prénom seul, fussent-elles ministres en fonction ou personnages historiques de premier plan.

Chose qu’on ne fait jamais pour un homme, à moins, justement, comme le site Buzzfeed, de montrer à quel point cela peut être ridicule lorsque c’est appliqué à eux. Ou comment décrédibiliser la fonction ou la réputation d’une personne rien qu’à la manière dont on la désigne…

A propos des noms de famille, et particulièrement de celui des femmes, je vous envoie vers cet article de blog qui remet les pendules à l’heure. Non, les femmes n’ont pas le moins du monde besoin de porter le nom de leur mari. Et les hommes peuvent parfaitement, s’ils le souhaitent, porter celui de leur épouse (et uniquement celui-ci, oui). Bref, nous sommes toutes et tous libres de faire ce que l’on veut en la matière, et ce serait quand même cool que cela se sache.

Les sportives sont décoratives #1

Le fait qu’elles soient athlétiques, talentueuses, puissantes ou agiles est en revanche nettement moins important, il faut le croire. Quand on voit les portraits des footballeuses dans la presse, qui mettent en exergue leur physique avantageux sans aucune référence à leurs compétences de footballeuses (merci à Sophia Aram de l’avoir relevé, avec son talent habituel), on se demande bien pourquoi elles se donnent tant de mal à faire des carrières internationales.

Les sportives sont décoratives #2

A Roland Garros, les réalisateurs proposent toujours et encore de magnifiques gros plans sur les jupes (ou plutôt, l’absence de jupe) des joueuses.

Moi, je propose que la mode des joueurs – oui, les hommes –  évolue : depuis maintenant 20 ans, leurs shorts n’ont plus de court que le nom. Ce vêtement pour les jambes leur arrive au genou, alors que dans les années 80, ils était ultra courts, dénudant ainsi leurs cuisses.

Voyez plutôt : Yannick Noah en 1983, Stan Wawrinka en 2015

https://i2.wp.com/i2.cdn.turner.com/cnn/dam/assets/140414163526-yannick-noah-gal-1-vertical-gallery.jpg           wawrinka-roland-garros-2015

Pourquoi, dans le même temps, les jupes des joueuses se sont-elles raccourcies au point de devenir anecdotiques ? Notez bien que ce qui me dérange, ce n’est pas le fait qu’elles soient si courtes : c’est sans doute plus pratique pour bouger. Non, ce qui me dérange, c’est qu’il y ait deux poids et deux mesures en fonction des sexes… Et que le voyeurisme des caméras s’attarde sur les cuisses des filles, et pas sur celles des garçons, faute d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Faute aussi certainement d’avoir des femmes à la réalisation… Tant qu’à être voyeuriste, je ne vois pas pourquoi moi, je ne pourrais pas mater les jolies cuisses musclées de ces messieurs.

Le pyjama de Wawrinka

Une petite note de bas de page concernant le short de Stan Wawrinka, qui a fait couler de l’encre sous prétexte qu’il ressemble à un bas de pyjama. Au point où en est la mode masculine aujourd’hui (d’un ennui et d’un sérieux mortel), cette remarque est socialement pertinente.

Moi, je vote absolument pour : ce short introduit de la gaieté, de la couleur, de la fantaisie et une note de vulnérabilité – sachant que ladite vulnérabilité n’est qu’une projection mentale de l’interprétation de la mode. Souvenez-vous que sous Louis XV, les hommes étaient maquillés, parés de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, de rubans et de colifichets, et que c’est ainsi qu’on les trouvait le mieux…

Bref, j’espère que le vainqueur de Roland-Garros ne laissera personne lui marcher sur le short.

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