L’accouchement médicalisé : c’est parfois nécessaire, mais ça peut aussi être très moche

Avant-propos

Toutes les mères le savent, il n’y a rien dont on n’aime plus parler que de nos accouchements. Surtout quand il y a eu des problèmes. De quoi faire chier le monde entier, qui ne veut certainement pas l’entendre.

Et si le monde ne veut pas l’entendre, ça peut être pour de très bonnes raisons : par exemple, pour ne pas stresser inutilement les femmes enceintes, déjà émotionnellement vulnérables en raison de leur état hormonal. Ça peut être aussi pour de mauvaises raisons, par exemple lorsqu’on s’entend dire que c’est bon, des millions de générations de femmes sont déjà passées par là, et que tu ne vas pas en faire un fromage.

Alors voilà : tu es une femme enceinte ? Tu en es à ta première grossesse ? Passe ton chemin. Non, franchement, je ne veux pas te faire peur. Si malgré tout, tu restes, dis-toi bien que je ne partage pas mon expérience pour tirer des larmes au lecteur, mais bien pour le faire réfléchir à ce qu’est la naissance en France aujourd’hui.

Et toi, là, tu en as marre que ces petites chochottes passent leur temps à se plaindre alors qu’elles font la chose la plus naturelle du monde, 800 000 fois par an dans notre beau pays ? Je t’invite à lire cet article, où tu apprendras avec profit que ça a beau être naturel, notre évolution biologique et sociale a fait des humaines les êtres vivants les moins aptes à enfanter.

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Attention, je commence

Un dimanche soir, alors que le terme de ma première grossesse est pour le lendemain, je suis prise de violentes douleurs dans le dos. Pensant qu’il s’agit de contractions (je n’en avais pas eu de toute ma grossesse), je prends donc le chemin de la maternité. Un monitoring plus tard, alors que je souffre toujours, j’apprends qu’il s’agit non pas de l’accouchement qui commence, mais d’une magnifique colique néphrétique.

Pour me soulager, on me dit qu’on va me donner du Spasfon en intraveineuse (pour que l’effet soit plus rapide) et qu’on me garde donc pour la nuit. Fort bien. Une chambre attribuée et un cathéter plus tard (la pose est difficile et douloureuse, la sage-femme pas très expérimentée), je me prépare à avoir moins mal. Las, les heures passent, et j’ai la douleur ne me quitte pas. Je ne dors pas. Aux alentours de 5h du matin, on vient me remettre une deuxième poche de Spasfon, et un quart-d’heure plus tard, enfin, la douleur finit par me laisser.

Sauf que pour dormir, tintin ! Changement d’équipe à 6h, la journée de l’hôpital commence : prise de tension, de température, petit déjeuner, femme de ménage, visite de la sage-femme, monitoring du bébé, vérification de mon col, annonce du passage de la gynéco dans la matinée. Je ne dors toujours pas. La gynéco arrive vers 10h et me dit que puisque je suis à terme, on va me déclencher. Ah ? Ok. C’est mon premier accouchement, je ne vois rien à redire.

Puisque mon col n’est pas mûr (mais pas du tout, il est fermé et long), on me pose un Propess à midi. Le Propess, c’est un patch hormonal qu’on colle à côté du col (!) pour le faire ramollir. La pose fait un mal de chien. Bien. On me dit ensuite de me balader pour aider la maturation, mais sans sortir de la maternité. Ce qui limite quand même beaucoup le champ de promenade. Je fais ce qu’on me dit. Mais ce fichu patch me fait très mal, je le sens sans arrêt. Je marche donc à petits pas, pliée en deux par la douleur et par la fatigue accumulée depuis la veille.

Le soir, tard, le col n’est toujours pas ouvert. Chaque examen du col (j’en subis au moins quatre entre midi et 21h) me fait très mal. Je me prépare à une deuxième nuit à la maternité. Hélas, une nuit beaucoup, beaucoup plus fatigante que la première : je ne suis pas dans ma chambre – à laquelle je me suis habituée et qui commence à m’être familière – mais dans une salle de travail, la douleur est infernale, le sommeil impossible malgré l’absolue nécessité de le trouver. [Je vous rappelle qu’à 9 mois de grossesse, une femme est épuisée sans rien avoir à faire. Alors quand elle souffre et qu’elle ne peut pas dormir, je vous laisse imaginer dans quel état elle se trouve.]

Cette nuit là est cauchemardesque. Je pleure de désespoir, d’épuisement et de douleur dans les bras d’une sage-femme adorable, mais trop jeune pour vraiment me rassurer. Je ne comprends pas pourquoi je dois en passer par là. Le lendemain à 7h, on me refait encore un examen du col (j’en ai eu deux dans la nuit) et la sage-femme m’annonce avec un grand sourire qu’on va passer en salle d’accouchement. Le col est ouvert à…2. Deux. Seulement ? Je viens de passer 18 heures à souffrir comme une damnée pour ça ?

Je passe donc en salle d’accouchement, on m’enlève enfin ce patch de cauchemar. Enlever ce truc me fait mal. En fait, c’est encore plus douloureux que tout ce qu’il m’a fait endurer jusque là… Mais bon, ça y est, j’en suis débarrassée. On me relie à une poche d’ocytocine de synthèse, l’hormone responsable des contractions de l’utérus. Si mon bébé avait été prêt à naître, il en aurait informé mon cerveau, qui aurait produit lui-même l’ocytocine. Mais bon, je suis déclenchée, donc c’est le médicament qui fait le boulot à ma place.

Sous monitoring constant, j’étudie mes contractions sur l’écran. Grosso modo, ma ligne de contractions ne ressemble… à rien. Normalement, elle doit former de belles sinusoïdes, comme ça :

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Et ben, en fait, non. Soit rien, soit une floppée de toutes petites piques. Et je ne sens rien d’autre qu’une tension constante dans mon ventre. Je bouge un peu, lit, ballon, ballon, lit, mais de toute façon je suis épuisée.

A midi, le staff fait venir l’anesthésiste pour qu’il me pose la péridurale. Un cowboy qui fit gicler de la bétadine dans toute la pièce et parle au téléphone (que lui tient une assistante) pendant qu’il me pique le dos. On me dit : « allez, comme à la préparation à l’accouchement, vous vous mettez en position ! ». Heu… je ne l’ai pas faite chez vous, la préparation, de quoi vous parlez ? Et si vous m’expliquiez ? Mais on ne m’explique pas grand chose et je subis la piqûre en ayant vraiment la trouille. Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant ou après ? Je ne sais pas, personne ne me le dit.

Je découvre que je n’ai pas la main sur les doses d’anesthésiant. C’est une grosse seringue de 4 heures qui délivre son contenu en continu. Bon. Je suis donc allongée sur le lit, et j’attends. Je me détends enfin pour la première fois depuis 36 heures. Pas de douleur nulle part. Un point de lumière dans un monde de ténèbres.

Mais deux heures plus tard, au énième examen du col (j’exècre déjà cet examen depuis la veille), je ne suis ouverte qu’à 4. De plus, on me perce la poche des eaux, qui révèle un liquide amniotique légèrement tinté. Bébé en souffrance. La gynéco annonce qu’il faudra peut-être faire passer le bébé par la fenêtre plutôt que par la porte. QUOI ? Une césarienne ? Mais c’est quoi cette nouvelle merde ? Elle me dit qu’elle me laisse encore deux heures, mais que si ça n’a pas bougé d’ici là on ira en salle d’opération.

Deux heures passent dans l’angoisse. Je n’ai pas mal, certes, physiquement j’ai réussi à atteindre une certaine détente, mais je déteste l’idée de la césarienne et je m’inquiète beaucoup. La sage-femme revient me faire…un examen du col, oui, vous avez deviné. Et là, grand sourire : «  super, vous êtes à 8 ! ». Ah bon ? Et comment j’ai fait alors que ma courbe de contractions est toujours aussi merdique ? Bon, c’est tant mieux, la césarienne est évitée. La sage-femme m’apprend deux choses : qu’elle appelle et attend la gynéco pour commencer et qu’on ne va pas remplir à nouveau la seringue d’anesthésiant, histoire que j’aie des sensations au moment de l’expulsion. Bien. Sauf que la gynéco met plus d’une heure à venir. Autant dire que la péridurale ne fonctionne plus.

On me dit d’attendre une contraction pour pousser – en position gynécologique, alors que j’aurais voulu être sur le côté (et que je l’ai dit). Mais je ne sens pas de contraction. Une auxiliaire vérifie et confirme à la gynéco que mon ventre est constamment tendu, sans vraie contraction ni détente derrière. C’est bien ce que je me tue à dire, mais bon, hein… Alors la gynéco me dit : « c’est pas grave, bloquez et poussez ! » Puis : « poussez encore, poussez plus longtemps, ce n’est pas efficace , et poussez plus fort ! ».

Alors, moi je dis ça comme ça en passant mais d’une, pousser quand il n’y a pas de vraie contraction, ce n’est pas vraiment efficace. Ensuite, pousser fort et longtemps quand on a deux nuits blanches dans les pattes, c’est à peu près la dernière chose dont on est capable. Bref, j’ai beau m’échiner je n’y arrive pas. Le bébé est trop gros, il ne passera jamais comme ça, j’en ai la nette sensation. La gynéco sort les forceps et m’explique ce qu’elle va faire : un petit coup de levier pour aider le bébé. Il le faut, le liquide est plus tinté, le bébé souffre vraiment. Ok. Avec les forceps, la tête finit par passer, non sans mes hurlements pour l’accompagner. Idem pour les épaules, qui me demandent pratiquement autant d’effort. Tout l’étage m’a entendu, je pense.

Lorsqu’il naît vers 17h 30, le bébé (un modèle gigantesque de 53cm et presque 4kg) respire bien mais ne cesse de geindre faiblement. Il a froid. Au lieu de me le laisser en peau à peau sous une couverture chauffante, l’équipe le met en chauffeuse. J’ai à peine eu le temps de le sentir contre moi. Super. C’est pas comme si j’en bavais depuis deux jours pour en arriver là.

Bon, pas d’épisiotomie, heureusement, mais une déchirure à recoudre. La gynéco demande à ce qu’on remette de l’anesthésiant pour que je ne sente pas. Pas de bol, la péri ne fonctionne pas, et je sens tous ses points. Je le dis. Le spray n’y fait rien non plus. Je souffre. Bon, et puis on attend, et… le placenta ne vient pas. La gynéco fait sortir monsieur (on se demande bien pourquoi, il était là tout le temps et n’a pas fait mine de tourner de l’oeil. Il est à l’aise en milieu hospitalier) et va chercher mon placenta à la main, faisant sauter tous les points au passage. Je me tourne vers le bébé en chauffeuse pendant l’opération (qu’on appelle « révision utérine »), faute d’avoir d’homme vers qui demander de l’aide, pendant que je souffre. Oui, parce que la révision utérine, ça fait un mal de chien. Et bien sûr, après, on me recoud une deuxième fois, et j’ai à nouveau mal.

L’équipe, prise dans sa douzaine d’accouchement de la journée, nous laisse dans notre coin, le bébé dans la chauffeuse et nous à côté. Le bébé a l’air d’aller mieux, il est calme et on aimerait l’avoir avec nous. Mais on n’ose pas appeler. Et comme on n’est plus prioritaire, personne ne s’occupe de nous ni ne vient nous voir pendant plus d’une heure et demie. Quand enfin ils reviennent, le bébé a horriblement chaud, il braille. De plus, il a eu faim, ou en tout cas envie de téter, pendant qu’il était en chauffeuse. Une analyse que je peux faire avec le recul et notre vidéo de lui dans son bocal. Au moment T, je ne savais pas qu’il avait besoin de téter, je n’y connaissais rien en bébé. Par contre, une sage-femme ou une auxiliaire de puériculture aurait pu le déceler… Si l’une d’elle avait été là !

Une fois sorti de sa chauffeuse et habillé, il hurle de plus belle, ne se calme pas sur moi qui ne sait pas quoi faire pour le rassurer et finit, sur mon inspiration, dans les bras de son père, où il s’endort comme une souche. Au temps pour le lien mère-enfant à la naissance : il a été réduit à son zéro absolu.

Au fait, je vous ai dit que j’ai eu mal ? Que j’ai souffert pendant 30 heures, moins les 4 heures de péridurales ? Que je n’ai pas dormi pendant 48h ?

Bon, ça y est, c’est fini ?

Ben en fait… Non. Désolée. La suite se résume à une succession de merdes diverses et variées :

– le bébé, mis au sein trop tard, n’a jamais réussi à trouver une bonne technique de tétée (et non, ce n’était pas une question de position, vous pensez bien que j’ai consulté la terre entière pour en avoir le coeur net). J’ai tiré mon lait pour le lui donner au biberon (une logistique énorme en rapport avec l’énergie dont je disposais), et mixé avec des apports de lait en poudre dès 8 jours de vie. J’ai tenu 7 semaines ainsi ;  je me suis épuisée physiquement et mentalement, mais j’étais incapable de m’arrêter, taraudée par la culpabilité.

-j’ai attrapé une infection du sang 10 jours après l’accouchement et une infection urinaire de malade mental après 3 semaines, qui m’ont valu deux retours à l’hôpital et deux traitements antibiotiques de cheval, dont l’un qui m’interdisait que donner mon lait au bébé. Du lait que je tirais et que je jetais, donc. Épuisement supplémentaire.

– j’ai attrapé un simple rhume après 5 semaines, qui m’a achevée.

– Au bout de deux mois, j’ai pris conscience que j’avais perdu toute joie de vivre, que mon optimisme habituel s’était dissipé dans les limbes de la naissance et que je souffrais de m’occuper de mon bébé. Oui, je souffrais de m’occuper de mon bébé ! La moindre anicroche se transformait en drame, le moindre imprévu en tragédie.

Une nuit, épuisée par les pleurs incessants du bébé et mon incapacité à le calmer, je suis passée à une milliseconde de le secouer, et même, de le frapper. Un milliseconde. Je l’ai posé juste à temps dans son transat pour me précipiter à l’autre bout de l’appartement et taper de toutes mes forces sur des coussins en hurlant comme une folle. Je reverrai toujours l’expression horrifiée de mon mari, qui s’étant réveillé d’un bond, croyait que je tapais sur le bébé. Ce souvenir reste pour moi le pire de toute ma vie de femme. Le raconter ici me fait encore monter les larmes aux yeux, des années plus tard, alors même que je sais que mon réflexe a été le bon.

Cela s’appelle une dépression du post-partum. Un truc de malade. J’ai mis 20 mois à me remettre du traumatisme de ma maternité, à commencer à prendre un tout petit peu de plaisir à m’occuper de mon enfant. 20 mois. Presque deux ans. Et l’une des choses qui m’a permise de passer ce cap, ça a été d’accepter de laisser mon enfant à sa nounou le jour de la semaine où je ne travaille pas, afin de réserver du temps pour moi. C’est à dire de moins m’en occuper, pour pouvoir le faire mieux.

Quel est le rapport avec le titre de l’article ?

En revenant sur le récit de l’accouchement en lui-même, vous retrouvez en gras tous les actes médicaux qui l’ont accompagné. Et il y en a eu un sacré paquet : déclenchement avec Propess et Ocytocine, péridurale plombée, examens répétés du col pendant 36 heures, monitoring en continu de 7h à 17h, expulsion en position non physiologique avec forceps, révision utérine. Quand on connaît le principe d’une naissance dite physiologique, on constate que dans cette naissance, rien n’a été vraiment normal. Pour résumer, tout est parti d’un déclenchement de convenance (comme vous êtes là, on vous déclenche, hein…) pour aboutir à une expulsion difficile et des suites traumatisantes. Pas seulement pour moi : pour le bébé aussi. Il faut savoir que cet enfant n’a pas ouvert les yeux pendant plus de deux semaines après sa naissance, histoire de se préserver. On l’a sorti de force, contre sa volonté. D’où sa souffrance pendant le travail : il n’était pas prêt.

En refaisant la boucle, on se rend compte que si cet accouchement n’avait pas été déclenché, et qu’on avait attendu que le bébé veuille sortir tout seul (on avait encore 6 à 7 jours devant nous avant de déclencher par nécessité), je n’aurais pas eu besoin de Propess (donc pas aussi mal au col), ni d’Ocytocine, sauf peut-être à des moments plus tardifs et plus définis dans le temps (pour la délivrance par exemple), pas de monitoring en continu, moins d’examens du col. J’aurais pu avoir une plus grande liberté de mouvement, je n’aurais peut-être pas besoin de péridurale si le travail avançait bien, ou alors une péridurale qui me permette de bouger. Avec une position d’accouchement physiologique et moins de manque de sommeil (dû essentiellement au Propess, je le rappelle), j’aurais pu faire passer ce bébé  sans forceps. Et si le travail s’était déclenché seul, je parierai volontiers que le placenta se serait décollé tout seul, sans besoin de révision utérine. Le bébé n’aurait pas tant souffert, n’aurait pas eu froid à la naissance, et j’aurais pu le garder contre moi et le faire téter. Grosso modo, la seule chose qu’à mon avis je ne pouvais pas éviter, c’est la petite déchirure, vu la taille du morceau !

Alors évidemment, avec des si, on peut refaire le monde et raconter n’importe quoi. On ne sait pas ce qui se serait passé si je n’avais pas été déclenché. Mais aux dires de la sage-femme qui m’a accompagnée lors de ma deuxième grossesse, il est assez évident que j’avais plus de 80% d’éviter la majorité de ces actes médicaux sans le déclenchement.

 

Un accouchement relève normalement d’un processus spontané, comme la digestion ou l’endormissement. C’est inscrit dans nos gènes, notre corps sait faire sans avoir besoin d’aide extérieure. Et lorsque ce processus est respecté, la femme et le bébé libèrent toutes les hormones nécessaires au bon déroulé de la naissance. Les gestes médicaux qui accompagnent aujourd’hui systématiquement les naissances en France sont inutiles dans 80% des cas. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Organisation Mondiale de la Santé.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : nous avons une chance folle de vivre dans un pays où les femmes qui accouchent peuvent être prises en charge rapidement et efficacement par des équipes médicales en cas de problème. 20% des femmes ont un besoin absolu de ces interventions médicales, sous peine de graves dangers pour elles et/ou leurs bébés. Il n’est pas question de revenir sur des décennies de progrès médicaux. Trop de femmes et de bébés dans le monde meurent faute d’avoir accès ces soins.

Mais il s’agit de 20% des cas. Or, on considère en France que l’accouchement est un risque a priori, alors que dans la plupart des pays d’Europe, tout aussi développés que nous en matière de sécurité sanitaire, il est considéré comme un risque a posteriori. D’où le fait qu’en Suisse, en Belgique, en Allemagne, il y a des maisons de naissance, qui permettent les accouchements non médicalisés suivis par des professionnels, qu’en Angleterre une grande part des femmes accouchent à domicile (non pas seules, mais accompagnées d’un professionnel, pour ceux qui croient qu’on est revenu au moyen âge…) et ce, sans jamais influer négativement sur le taux de mortalité mère-enfant.

 

Je pense donc qu’il est plus que temps de changer notre vision de la naissance, sans rien céder à la performance de nos équipes médicales. Et de privilégier d’abord le processus spontané, physiologique, avant d’intervenir médicalement. De toute façon, les risques sont décelés dans leur majorité largement en avance : grossesses gémellaires, présentation en siège, antécédent d’hémorragie ou de césarienne… Autant de cas qui sont connus tôt au cours d’une grossesse et qui nécessitent, évidemment et sans discussion, une prise en charge plus médicalisée et plus surveillée qu’un cas normal.

La loi autorisant l’expérimentation des maisons de naissance en France, très récente (décembre 2013), prévoit que ces maisons soient immédiatement accolées à une maternité. Histoire de réduire le temps de transfert en cas d’urgence de dernière minute. L’idée est bonne. Mais bon, il faut quand même savoir que dans la plupart des pays, les maisons de naissance ne sont pas accolées aux maternités, et que les accidents ne sont pas plus fréquents. Disons que la France, timorée en la matière, pêche par excès de précaution. Pour info, la loi reste encore lettre morte aujourd’hui, car les décrets d’application ne sont toujours pas parus, 18 mois après le vote. Mais selon certaines sources, ils ne devraient pas tarder

Je reviendrai dans un prochain article sur ce qui se fait aujourd’hui en France, en attendant l’arrivée des maisons de naissance, comme alternative aux accouchements médicalisés des services de maternité. Oui, ces alternatives existent, mais il faut bien les chercher…

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