L’accouchement physiologique : « Et alors, ça s’est passé comment ? » *

L’accompagnement global, en théorie c’est bien beau, mais en pratique, mon accouchement, il s’est passé comment ?

naissance vénus p

Aujourd’hui, cher lecteur-trice, je m’en vais donc te le raconter. Il a eu lieu il y a peu. Cet été, en pleine canicule. Cet accouchement que j’ai préparé en croisant tous mes doigts disponibles pour que ça se passe comme je l’espérais. Enfin, surtout pour que ça ne se passe pas comme le premier. J’ai attendu quelques semaines après la naissance avant de témoigner ici, histoire de donner un peu de recul à mon expérience. Histoire d’être sûre qu’il n’y ait pas d’effets secondaires imprévus et tardifs. Bref, de ne pas te raconter de bêtises, ami-e lecteur-trice.

Commençons par le commencement…

Alors voilà, un dimanche matin à potron minet, j’ai perdu les eaux. Comme ça, sans signe avant-coureur. J’ai donc appelé Wonder Sage-Femme (WSF, l’appellerai-je désormais, celle qui m’a pris en charge en accompagnement global depuis le début de la grossesse et qui devait m’assister pour l’accouchement), qui, prenant connaissance de l’absence de contractions, m’a envoyé à la maternité pour faire surveiller le bébé en attendant que les contractions commencent. En espérant que les contractions commencent, pour ma part. Je craignais par-dessus tout un déclenchement, au vu de ma précédente expérience.

Nous sommes donc partis, mon homme et moi, tranquillement à la maternité. Nous avons été reçus par une sage-femme que nous connaissions déjà et qui était très sympa. Ça commençait bien. Une séance de monitoring plus tard, une chambre nous a été attribuée et nous avons commencé à patienter. Bien informés par le personnel, nous savions à quoi nous attendre dans les heures suivantes, et un petit déjeuner nous a été proposé à tous les deux. Je précise bien : tous les deux. Ce que nous avons grandement apprécié !

La journée a passé, sans contractions, et avec une chaleur à faire frire un œuf sur une pierre : nous étions le week-end le plus chaud de l’été. Oui, celui de juillet où il faisait 40°C. Et la maternité n’est pas climatisée. Ces imbéciles l’ont rénovée avec un système de rafraichissement top moumoute, qui propose 5°C de moins que dehors. On était bien, il ne faisait « que » 35°C dans la chambre… Un cauchemar.

Je saute de joie : folie douce

Lorsque ma première contraction est arrivée 12 heures après la rupture de la poche des eaux, j’ai sauté de joie. Ainsi qu’à chacune des contractions suivantes pendant un bon moment. Parce que cela signifiait que le pré-travail avait commencé spontanément, et que le spectre de l’injection continue d’ocytocine s’éloignait… Bien informée par WSF et mes lectures sur le sujet, je prenais mon homme comme support à chaque contraction et je soufflais, assise sur le lit ou sur un ballon, concentrée sur mes sensations. Et je gérais sans problème. J’étais heureuse.

Lorsque les contractions ont commencé à être plus fréquentes, nous avons appelé WSF, qui a posé là sa sortie dominicale en famille et est venue à la maternité. Entre temps, le staff de la maternité m’a posé un cathéter pour me faire une injection d’antibiotique. Le protocole l’exige lorsque la poche est rompue depuis plus de 12h, et l’injection doit être renouvelée toutes les deux heures. Cela m’avait été clairement expliqué bien à l’avance, le comment et le pourquoi. Cela ne m’a donc pas dérangé, d’autant plus qu’une fois l’injection faite, je n’avais plus de fil à la patte.

WSF est arrivée, m’a observée attentivement, a trouvé que mes contractions n’étaient pas tout à fait assez régulières et m’a proposé de l’homéopathie pour les réguler. Charge à Monsieur mon Homme de me donner les granules à intervalle fixe, histoire que je n’ai pas besoin de m’embarrasser avec ce genre de considérations, et que je me concentre sur me, myself & I. Elle en a profité aussi pour aller préparer la salle d’accouchement selon ses besoins. Le reste du temps, elle m’accompagnait. Elle restait à côté de moi pendant les contractions si l’Homme n’était pas là, me massant le dos, me proposant des changements de position lorsque j’étais mal, m’aidant à bien respirer si d’aventure j’oubliais (m’enfin, je trouve que je m’en suis plutôt bien sortie de ce côté-là), et surtout, elle m’encourageait de sa voix douce et posée : « c’est bien ! Continue ! C’est bien ce que tu fais ! ».

Ensuite, un deuxième monitoring a commencé. Le deuxième seulement en 12h de présence à la maternité, autant vous dire que ma totale liberté de mouvement avait été extrêmement confortable. Le bébé était toujours en forme, mais l’appareil captait mal, j’ai dû rester très longtemps allongée pour le monito (on avait essayé assise sur un ballon, mais ça ne captait pas) et mes contractions se sont espacées. Allongée contre mon gré, j’étais mal, j’avais définitivement trop chaud et je commençais à être très fatiguée (réveillée depuis 5h du matin !). WSF s’en est aperçu et m’a expliqué le choix qui s’offrait à moi : une fois le monito terminé, elle me conseillait d’aller marcher et /ou de prendre une douche, pour activer les contractions. Et si cela ne fonctionnait pas, au vu de ma fatigue, elle me donnerait quelque chose pour calmer le pré-travail et me laisser dormir, sinon je risquais de ne pas y arriver. J’ai décidé d’aller marcher d’abord et de prendre une douche ensuite.

Je suis donc allée me balader au frais : il faisait aux environs de 38°C seulement dans le patio à 21h le soir, quelle chance !! (oui, je fais dans le cynisme)(mais je m’en fous, j’ai le droit, on parle de mon accouchement, là). Monsieur m’accompagnait pour me servir de tuteur lors des contractions. Entre parenthèses, Monsieur a la nuque résistante, parce que je me suis pendue à son cou un nombre incalculable de fois ce soir-là.

En rentrant, WSF m’a installé la deuxième poche d’antibiotique et je suis partie sous la douche. Avec la poche accrochée au piquet. Oui, c’est possible. Ne laissez jamais personne vous dire le contraire. Sous l’eau, plusieurs contractions m’ont saisie par leur puissance, j’avais du mal à rester debout et j’avais très mal au bras sous injection. Un coup d’œil plus tard, j’ai compris pourquoi : le cathéter avait sauté de ma veine (ou avait fait sauter ma veine, au choix) et l’antibio se répandait sous ma peau, me faisant une grosse bosse dans le bras. Cela faisait un mal de chien. Avec les contractions violentes et plus rapprochées qu’avant, j’ai dégusté, parce que je n’arrivais pas à gérer les deux.

Appelée par l’Homme, WSF a préparé un autre cathéter. Je suis sortie de la douche et me suis séchée comme j’ai pu, entre mon bras qui me lançait atrocement et mes contractions dans lesquelles je n’arrivais pas à « rentrer ». Cela a été un moment confus et très désagréable. Assise sur un ballon, j’ai essayé de ne pas bouger pendant que WSF enlevait le vilain cathéter baladeur et qu’elle m’en mettait un dans l’autre bras, difficilement parce que mes veines ne sont pas très facilitantes pour l’exercice. Bon, je ne sais pas comment elle a réussi, parce que j’avais des contractions de malade pendant ce temps-là et que je n’arrivais pas à les gérer, faute d’être suffisamment sereine et concentrée.

Une fois ce désagréable épisode terminé, elle m’a demandé à examiner mon col, pour voir où j’en étais. Je précise une chose importante : il était plus de 22h, j’étais arrivée vers 8h le matin, et c’était seulement le troisième examen du col qu’on me faisait. Lors de mon précédent accouchement, j’en avais eu toutes les heures. J’ai énormément apprécié cela. Donc, WSF a constaté que j’étais ouverte à 4. Le vrai travail venait de commencer, ce dont elle se doutait au vu de la violence de mes contractions pendant qu’elle me posait le cathéter. Elle m’a expliqué que mes contractions auraient désormais toutes cette intensité, qu’elles ne seraient pas plus fortes mais qu’elles deviendraient peu à peu plus fréquentes. J’ai compris, aidée par la préparation et par mes lectures, et je me suis réjouie de constater que j’allais pouvoir accoucher dans les heures suivantes. Je savais où j’en étais, donc j’étais rassurée, même si je savais que le plus dur serait à venir.

Mes cordes vocales à contribution

WSF nous a emmenés en bas, dans le bloc maternité lui-même. Qu’elle a ouvert avec ses clés, parce qu’il n’y avait personne d’autre ! Nous étions tous les trois, WSF, l’Homme et moi. Nous avions tout l’espace pour nous, et ô miracle, il faisait 10 degrés de moins que dans les chambres…

Dans la salle d’accouchement préparée par les soins de WSF, il y avait un grand tatami d’au moins 2mx2m par terre. Je savais qu’il était là pour moi, et je n’ai même pas jeté un coup d’œil à la table d’accouchement classique. Je me suis allongée sur le tatami, sur le côté, et, accompagnée par mon homme, j’ai essayé de rentrer à nouveau dans mes contractions, pour les accompagner. Je me suis très vite aperçu que cela ne fonctionnait pas, alors je me suis mise à quatre pattes pour essayer de me soulager. Et là, j’ai pris conscience que j’avais un gros problème : mes contractions étaient tellement proches que je n’avais pas le temps de souffler ni de prendre des forces. La pause entre chaque durait maximum 15 à 20 secondes.

Et là, j’ai paniqué : si je n’arrivais pas à souffler, comment me concentrer pour accompagner mes contractions ? Comment faire pour ne pas me laisser déborder par la douleur ? Je me suis mise à crier, incapable de quoi que ce soit d’autre. J’étais perdue dans un océan de douleur. C’était comme si, autour de moi, dans le monde, quelle que soit la direction dans laquelle je me tourne, il n’y avait que la douleur, sans aucune échappatoire. Une infinitude de douleur, une impossibilité ! Et je me souviens avoir dit à WSF : « je ne vais jamais y arriver ! C’est trop dur ! ». Je me souviens aussi qu’un petit coin de ma tête, à ce moment-là, diagnostiquait précisément où j’en étais du travail : la phase de désespérance. Ce qui paraissait impossible, puisqu’elle n’arrive qu’à une ouverture du col à 7, grosso modo.

Mais les contractions continuaient, sans pause, et je criais. Alors, incapable de ne pas crier, j’ai décidé de concentrer mon attention sur mon cri. Et je l’ai écouté, je l’ai accompagné, puisant dans mon expérience libératrice du kiai du karatéka. Et mon cri est devenu un point de focalisation, un moyen de canaliser ma douleur. Je criais différemment suivant le moment de la contraction. La modulation du son m’aidait à me concentrer. Très vite, j’ai visualisé la position de mon bébé dans mon corps, je savais où il était. Je le sentais, je le voyais avancer. Et au bout de quelques contractions, j’ai vu, dans ma tête, le tunnel qu’il avait à emprunter pour sortir.

Pendant ce temps, je sentais WSF qui me posait régulièrement et tant bien que mal le capteur du monito sur le ventre, à genoux par terre à côté de moi, pliée en deux pour le placer comme il faut. On bénit les capteurs wi-fi, dans ces moments-là, je vous le dis. Au moins personne ne me demandait de supporter des attaches autour du ventre, ni de changer de position.

A chaque contraction, elle ou mon homme me posait la main sur le bas du dos, me donnant un point d’ancrage et une direction pour la contraction, me murmurant des encouragements. C’était immensément précieux, parce que je n’étais pas seule. Seule dans l’effort et dans la douleur, oui, mais pas seule dans le monde que je pouvais percevoir et qui, à ce moment là, était réduit à rien.

Lorsque le bébé est arrivé à la porte, je n’ai pas réussi à le faire sortir la première fois. Trop dur, la tête était trop grosse, cela me faisait trop mal. Mon homme me disait : « ma chérie, il est là, il est presque sorti, vas-y ! ». Comme si je ne le sentais pas, tiens… Mais soyons honnête, j’avais beau avoir l’impression de nager en pleine lapalissade avec les commentaires de mon entourage (genre, merci, je sais bien où j’en suis…), j’étais heureuse de leurs encouragements.

La 2e contraction n’était pas assez puissante, je l’ai senti dès qu’elle a commencé. Alors je l’ai laissée passer et quand la 3e est arrivée, je me suis dit : « ma grande, c’est le moment de mettre toutes tes forces dans la bataille ! Après ce sera fini ! ». Et bon dieu, j’ai hurlé et poussé de toutes mes forces malgré la douleur (mon périnée était vraiment très étiré et me faisait très mal). Et pop ! La tête est sortie ! … Le soulagement ! Je sentais le cou de mon bébé, je savais qu’il faudrait pousser encore pour les épaules, mais je savais aussi que j’étais au bout de mon épreuve.

Et les lapalissades continuaient (« ça y est, la tête est sortie ! »… Sans déconner ?).

Je crois que la contraction suivante a mis un peu plus de temps à arriver, peut-être parce que le plus dur était fait. Cela m’a permis de souffler quelques secondes (enfin !!), mais aussi à WSF et à mon homme de se préparer la sortie des épaules. Et lorsqu’elle est arrivée, cette contraction, je savais que ma liberté était au bout. J’ai senti WSF aider les épaules à tourner pendant la poussée et lorsque, plop, elles sont passées et que le reste du corps de mon bébé a suivi dans une glissade, j’ai entendu mon homme dire : « oups, ça glisse ! ». Et oui : c’est lui qui l’a récupéré à la sortie !

Et là, cher lecteur, écoute bien : j’ai frappé d’un poing rageur par terre devant moi, en m’exclamant : « je l’ai fait, bon dieu, je l’ai fait ! ». De toute ma vie, je n’avais jamais été si fière de moi. Je n’aurais jamais cru être aussi forte.

Bon, j’ai quand même écouté, inquiète d’entendre une respiration ou un cri (oui, parce que dans la position où j’étais, je ne voyais rien… et je n’avais certainement pas assez de forces ni repris suffisamment mon souffle pour me retourner). Cri qui, heureusement, ne s’est pas fait attendre : un vagissement bien reconnaissable a retenti, qui ressemblait à s’y méprendre à un cri de colère signifiant « mais ça va pas la tête ? Vous avez vu à quelle allure j’ai été expédié ? ».

J’ai entendu WSF dire : « ok, il est… 24. » 23h 24 ? Ben oui. J’étais arrivée dans la salle d’accouchement vers 22h45. Le travail a duré moins de 45 minutes !!!!!!!!! Tu m’étonnes que j’étais bousculée !

Rencontre

Alors que j’étais toujours à quatre pattes, WSF et mon homme ont fait glisser mon bébé vers moi. Je l’ai vu apparaître, si vivant, si présent ! Ni trop maigre ni trop gros, un beau bébé bien proportionné. Et je lui ai dit : « c’est toi ? C’est toi qui m’habitais ? Bonjour mon bébé ! Je suis ta maman. »

Pendant ce temps, WSF clampait le cordon et le faisait couper par mon homme. Toujours de façon aussi chaotique, puisque nous étions tous à genoux ou à quatre pattes. Puis, comme prévu, elle a injecté de l’ocytocine dans le cordon pour la délivrance. Cela ne me réjouissait pas le moins du monde (j’aurais préféré qu’on laisse le cordon se vider tout seul pour donner une réserve de fer supplémentaire à mon bébé), mais je savais que le protocole de la maternité l’y obligeait à cause de la révision utérine que j’avais subie lors de mon premier accouchement. Avec l’accouchement que je venais d’avoir, je suis persuadée que je n’en avais pas le moins du monde besoin, mais je m’étais faite une raison pour ne pas mettre ma sage-femme en difficulté vis-à-vis de la maternité (elle ne se serait pas laissé faire, de toute façon…).

Je me suis allongée sur le dos, WSF a posé mon bébé sur moi et nous a recouverts de plusieurs draps. Mon bébé a pleuré pendant encore un bon moment. Puis, quand il s’est calmé, on a commencé à faire connaissance, tous des deux. On s’est regardé longtemps, on a fait un gros câlin. WSF m’a fait une nouvelle injection via le cathéter et a constaté que le placenta se détachait rapidement. Elle m’a dit de garder mon bébé dans les bras et m’a aidé à me redresser, et de pousser un peu vers le bas. Je n’ai pas eu grand effort à faire, il est sorti tout seul (par rapport à la dernière fois où j’avais eu l’impression de pousser comme une folle…). WSF m’a même proposé de voir à quoi il ressemblait. Toujours curieuse, j’ai donc découvert ce qui avait nourri et protégé mon bébé pendant tant de mois. C’est incroyable ce que le corps est bien fait !

Je me suis allongée à nouveau et j’ai continué à discuter avec mon bébé. Je lui parlais et il me répondait, oui. Avec ses yeux. C’était magique. Je lui ai même chanté une chanson. On se tenait chaud, c’était bon. Il a tété un petit moment, comme s’il avait toujours fait cela, avec un savoir-faire et un aplomb étonnant. Ce moment hors du temps m’a permis de créer un lien indéfectible avec mon enfant, un moment qui m’avait cruellement manqué lors de mon premier accouchement. Parce que j’ai eu le temps de faire sa connaissance, j’étais capable de comprendre mon bébé. D’être réceptive à ses besoins. Et donc, de savoir y répondre avec efficacité, promptitude et surtout, avec confiance.

J’ai eu une petite déchirure qui saignait, WSF a donc dû me faire un point. Ca a fait mal. Ca fait décidément vraiment mal, à cet endroit-là ! Mais ce n’était qu’un seul point – pas neuf ! J’ai tremblé de tous mes membres pendant les 2 heures qui ont suivi la naissance. Un tremblement qui prenait tout mon corps, mes jambes surtout. Les hormones, évidemment. Et j’ai eu un peu froid, alors WSF m’a couverte un peu plus à ma demande.

Au bout d’une heure et demie, WSF a demandé à prendre mon bébé. Pendant environ une minute, je ne l’ai pas vu, car la balance pour la pesée était derrière la cloison. Cela a été la seule minute où je ne l’ai pas vu jusqu’à mon retour à la maison. Ensuite, elle l’a ramené dans la salle d’accouchement pour l’examiner et l’habiller. Elle avait pris soin de faire chauffer ses vêtements avant. Et une fois que j’ai été rhabillée, je me suis levée et j’ai pris place dans le fauteuil roulant, avec mon bébé dans les bras. J’aurais pu remonter dans la chambre sur mes deux jambes, j’en étais capable, mais j’étais atteinte de flemmingite aigüe après un accouchement aussi violent. Je n’avais plus rien à prouver : j’avais réussi à faire la chose la plus difficile au monde.

Et tu sais quoi, cher lecteur ? La douleur, l’intensité, la violence de cet accouchement, tout cela, je ne le regrette pas une seconde. Dès que mon bébé est né, je savais que je ne le regretterai jamais. Je n’ai pourtant aucune tendance masochiste et que j’ai toujours pensé qu’il fallait éviter la douleur quand on le pouvait. Mais tout ce que j’ai ressenti était utile. Ces sensations, ces réactions avaient un but ; un but que je comprenais et que j’accompagnais de toute ma volonté : la naissance de mon bébé. Parce que je sentais tout, j’étais capable de bouger, de respirer de façon à faciliter sa sortie. J’ai véritablement mis au monde un enfant. Pas parce que j’ai eu mal, mais parce que j’étais pleinement consciente de ce que mon corps faisait et que je pouvais accompagner ce mouvement. La douleur n’était qu’une information, une sensation plus forte que les autres sensations de la vie, pas une souffrance.

L’accouchement physiologique ? Ça fait mal, mais finalement, on s’en fout. Complètement. Et je recommencerais sans problème.

Canicule, je crie ton nom

Tout de même, l’anecdote qui va te faire rêver ou te hérisser le poil selon qui tu es et ce que tu as vécu, lecteur : je suis rentrée chez moi le lendemain après-midi. Le bébé avait environ 16 heures. Bah si.

Pourquoi ? Parce qu’avec 35°C dans une chambre, je suis incapable de dormir. Même après un accouchement. La nuit suivant la naissance fut blanche à cause de la chaleur. Or, j’ai la climatisation chez moi : je suis donc rentrée dans l’après-midi le lendemain. L’infirmière de la maternité me l’a de toute façon proposé ; l’équipe savait que j’étais accompagnée par WSF, et que j’aurais donc des visites à domicile dans les jours suivants. Les autres paramètres étaient au vert : l’accouchement s’était très bien passé pour moi, et le bébé était en pleine forme. Pas même une jaunisse (comme mon premier, d’ailleurs).

La seule qui a tiré la tête, c’est la pédiatre, parce que le bébé n’avait pas 24h. Elle n’avait pas pigé que j’étais suivie à domicile et m’a fait signer une décharge qui m’engageait à montrer mon bébé à un médecin dans les 10 jours. Ce que je n’ai pas fait : WSF s’en est occupé. Oui parce qu’un médecin examine le cœur du bébé, ses réflexes, ses hanches, sa vitalité. Tout ce que fait une sage-femme… De toute façon, j’aimais pas sa gueule, à la pédiatre.

Dans le retour à la maison, pour que tout se passe bien, il y a un point essentiel : ne pas être seule. Avoir de l’aide. Et quand on veut allaiter, avoir beaucoup d’aide. Et j’ai pu réunir ces conditions, cette fois. WSF est passée 3 fois dans la semaine pour nous surveiller, mon bébé et moi et pour m’aider par ses conseils pratiques. Ma mère et mon homme étaient présents 24/24. Le grand n’était pas dans mes jambes la journée, uniquement le soir. Ce qui était mieux pour lui (c’est dur de voir un bébé voler sa maman, alors toute la sainte journée…), et pour moi.

Heureusement que j’avais toute cette aide, parce que le temps de séjour à la maternité, normalement, sert à récupérer, à se reposer. Or, à la maison, on ne se repose jamais si on doit faire la cuisine, les courses, le rangement, le linge, le ménage, la vaisselle. Auquel cas on vit très mal les accrocs avec le bébé (les pleurs, les petits soucis, le manque de savoir-faire), et encore plus mal un allaitement en pleine canicule, quand le bébé tète toutes les 90 à 120 minutes. Ne parlons pas de ma montée de lait exponentielle, qui a duré 4 jours et 4 nuits pleins. Parce que j’ai un bébé qui tète très bien, je me suis retrouvée au bout d’à peine deux jours avec des obus de la guerre de 14 à la place des seins. C’était très douloureux.

J’ai pu réellement ne m’occuper que de moi et mon bébé pendant deux semaines. Et en réalité, je n’ai jamais été seule à la maison avec mon bébé toute la journée pendant 6 semaines ! Sans même parler de gérer seule les deux enfants toute la journée ; ça ne s’est pas encore produit. Alors je bénis un million de fois ma famille. Et je remercie du fond du coeur Wonder Sage-Femme pour sa présence efficace et sa bienveillance constante.

Aujourd’hui, je le dis : je vis un conte de fée. Et la fée, c’est mon bébé.

La fée… licité.

*Réponse : « Mmm… Je trouve qu’elle l’a pris… plutôt bien. » Pour ceux qui ne reconnaissent pas la référence (bande d’incultes !)(oui, j’insulte mes lecteurs si je veux !), il s’agit d’un dialogue entre le perroquet Iago et le vizir Jafar dans le célèbre dessin animé Aladdin, de Disney. La voix de Jafar en version française était assurée par l’inénarrable Féodor Atkine, l’une des plus belles voix française de basse. Celui qui doublait Dr House. Oui, lui-même.

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Une réflexion sur “L’accouchement physiologique : « Et alors, ça s’est passé comment ? » *

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