Adieu, Facebook

Adieu Facebook

Il y a quelques temps, j’ai ouvert un compte Facebook pour me tenir au courant des informations qui m’intéressent : féminisme, anti-sexisme, parentalité, etc. Je me suis abonnée aux pages idoines (Les Vendredis Intellos, Encore féministe aussi longtemps qu’il faudra…), et j’étais contente de pouvoir suivre l’actualité dans ces domaines. Je partageais quelques liens, soit provenant de mon blog, soit d’ailleurs.

Et puis, et puis, hier.

Hier, Facebook a bloqué l’accès à mon compte et m’a demandé mon numéro de mobile. Et oui, c’est tombé sur moi aussi.

Facebook veut savoir si je suis bien qui je suis, et surtout si j’ai créé mon profil sous mon vrai nom. Évidemment, non. Le concept de surnom, d’avatar, d’identité numérique distincte de l’identité réelle, lui semble inacceptable. Soi-disant pour combattre le crime. Le problème, c’est que je refuse de donner mon numéro de téléphone personnel à Facebook.

Je ne suis pas une criminelle. Pas une serial killer, pas une voleuse, pas une pédophile, que sais-je… Je suis une femme, normale, raisonnablement honnête, qui choisit de s’informer et de s’exprimer via les ressources du Web.

Je considère que ma vie privée m’appartient, que je suis libre d’en disposer comme bon me semble tant que je ne viole aucune loi de la République, et qu’il est parfaitement normal que mes activités en ligne restent à l’intérieur d’un cadre que je définis. Il n’est pas question que toute ma vie soit connue des GAFAM. Il n’est pas question que mes données personnelles soient livrées à des gens ou des sociétés qui en font grosso modo ce qu’elles veulent. Il n’est donc pas question que Facebook connaisse mon numéro de mobile ni mon vrai nom.

De multiples voix se sont levées pour critiquer la politique du « vrai nom » de la société. Il y a beaucoup de gens honnêtes dans le monde qui ont de très bonnes raisons de créer un profil Facebook sous un nom d’emprunt : syndicalistes, travailleurs sociaux, journalistes, fonctionnaires tenus au devoir de réserve, victimes d’agressions. Les criminels ne constituent qu’une minorité parmi les utilisateurs d’avatars. Des millions de personnes ont demandé des dérogations. Facebook a finalement assoupli sa règle récemment, en autorisant dans certains cas les pseudonymes, mais ceux-ci doivent être dûment justifiés par une situation personnelle intenable. Bref, encore une ingérence dans la vie privée.

Donc, pour ma part, c’est ADIEU FACEBOOK ! Je te quitte.

Je teste actuellement Framasphère, et j’invite celles et ceux qui lisent cet article à faire de même. Je reste sur Twitter, tant que je n’ai pas de problème de connexion.

Lutter contre l’ingérence des GAFAM et des états ultra-sécuritaires est une véritable purge. Souvenez-vous, il y a tout juste deux ans, Slate relayait cette histoire à coucher dehors : une jeune femme enceinte a voulu cacher sa grossesse sur le web et en est devenue suspecte aux yeux de la société.

Soyez vigilants. Les outils du web que vous utilisez ne vous appartiennent pas, et les choses que vous faites grâce à ces outils ne vous appartiennent pas non plus. Malheureusement, nous n’avons pas, pour la majorité d’entre nous, la capacité de créer nos propres outils. Le meilleur exemple que je connais, c’est moi : je ne sais pas installer le logiciel wordpress en local pour créer mon blog de toutes pièces, je suis obligée de passer par la plate-forme en ligne. Je sais ce que cela me coûte, mais je n’ai pas les connaissances nécessaires, ni le temps de les acquérir, pour pouvoir faire ce que je veux.

Quand vous le pouvez, privilégiez les logiciels, services et applications développés sous licence libre, ainsi que ceux qui n’exploitent pas vos données personnelles.

A bon entendeur… Salut !