« Ma fille, viens avec moi au Panthéon…

… je dois te présenter quelqu’un. »

 

C’est ce que je ferai, d’ici quelques années, lorsque ma fille sera assez grande pour comprendre. J’irai à Paris, et j’emmènerai ma fille au Panthéon.

Là bas, je lui présenterai une femme.

Simone Veil (1984)

Simone Veil (1984)

Depuis l’annonce de sa mort il y a 10 jours, chaque fois que j’entends, lis ou vois une évocation de Simone Veil, je pleure. Je pleure littéralement. Mes yeux sont pleins de larmes – ce qui est très embêtant quand on exerce un métier de service public.

Pour ma grand-mère, décédée il y a six mois, je n’ai pas autant pleuré.

Simone Veil était l’incarnation de tout ce que j’aimerais être. Une femme qui a changé le monde. Inébranlable et bienveillante avec l’humanité. Une femme qui a plongé le nez de tout un pays dans ce qu’il ne voulait pas voir, contre son gré, pour l’obliger à légaliser l’IVG, et qui s’est battue pour que l’Europe existe, parce que la paix n’a pas de prix, alors qu’elle n’a que trop bien connu celui de la guerre.

Simone Veil, j’irai vous dire merci sur votre tombe, et j’expliquerai à ma fille tout ce qu’elle et moi vous devons.

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Comment ne pas se faire voler ses outils

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Il y a quelques temps, j’assistais à une réunion professionnelle, qui avait pour thème l’organisation d’événements autour de la journée internationale du droit des femmes.

A cette occasion, dans un aparté anecdotique passionnant, une responsable racontait que lors d’un évènement culturel d’ampleur, des techniciens chargés du montage et démontage des infrastructures rencontraient de façon récurrente un problème important : ils se faisaient voler leurs outils. Scies, marteaux, tournevis, perceuses, etc.

Et cela se produisait souvent, car l’événement a lieu dans un espace essentiellement en plein air, qui favorise malheureusement ce type de méfaits.

Un jour, exaspérés par ces vols répétés, ils ont pris une bombe de peinture et ont repeint tous leurs outils… en rose fluorescent.

Oui, tous les outils en rose fluo.

Le résultat ne se fit pas attendre : plus aucun des outils n’a été volé. Pas un. Nada.

Pourquoi ont-ils peint ces outils en rose fluo ? A priori, pour qu’ils soient visibles de très loin, et que personne ne puisse les embarquer discrètement.

Mais en réalité, et ce fut parfaitement évident en observant les réactions d’autres techniciens tombant sur ces outils, que ce n’était pas la fluorescence des outils qui freinaient les voleurs putatifs. Non, c’était leur couleur.

Tous les autres ouvriers et techniciens regardaient d’un air au mieux étonné, et souvent dégoûté, avec un mouvement de recul perceptible, ces outils roses.

J’ai ri, et j’ai été affligée.

La méthode, d’une implacable efficacité, nous montre tels que nous sommes : des humains conditionnés par un courant né de, et nourri par, le marketing produit.

Ainsi donc, je recommande chaudement la lecture de l’essai Le rose et le bleu : la fabrique du féminin et du masculin, cinq siècles d’histoire, de Scarlett Beauvalet-Boutouyrie et Emmanuelle Berthiaud.